Déclaration du Conseil Oecuménique des Eglises sur Jérusalem

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Conseil Oecuménique des Eglises

Svizzera       06/09/1980

A la suite de la proclamation du gouvernement d’Israël faisant de Jérusalem « la capitale éternelle » de l’Etat israélien, le Comité central du C.O.E., réuni à Genève du 14 au 22 août, a adopté à l’unanimité la déclaration ci-après.

Pour les Eglises chrétiennes, Jérusalem a toujours été le lieu de profonde inspiration. Il est le lieu de la promesse. Mais notre foi interprète les prophéties bibliques en fonction du monde entier. Ainsi le statut futur de Jérusalem ne pourra être réglé en ne prenant en considération que le seul facteur du libre accès aux sanctuaires. II faut tenir compte des personnes : les juifs mais aussi les musulmans et les chrétiens. Jérusalem est un lieu pour tous les peuples et pas seulement pour un peuple. Toute décision prise unilatéralement est dangereuse.
1. Sur la base des déclarations antérieures du COE, le Comité central s’oppose à la décision unilatèrale d’Israël d’annexer la partie orientale de Jerusalem et de réunir la ville, qu’il considère comme sa « capitale éternelle », sous sa seule souveraineté.
2. Cette décision est contraire à toutes les résolutions de l’ONU sur la question. Elle sape, de la manière la plus dangereuse qui soit, tous les efforts en vue de parvenir à une solution équitable du problème du Proche-Orient, et met ainsi en danger la paix de cette région et du monde entier.
3. Le Comité central réaffirme la déclaration sur Jérusalem publiée par 1’Assemblée de Nairobi en 1975, qui souligne qu’il faut se garder de la tendance à réduire l’importance de Jérusalem pour l’une ou l’autre des trois religions monothéistes. II faut considérer la destinée de Jérusalem en tenant compte des personnes - des chrétiens aussi bien que des juifs et des musulmans - et non pas seulement des sanctuaires. C’est pourquoi, tout comme on considére que le statut futur de Jérusalem est lié à la destinée du peuple juif, on ne peut pas non plus le considérer sans tenir compte de la destinée du peuple palestinien ; il convient par conséquent de le déterminer dans le contexte général du règlement du conflit du Proche-Orient dans son ensemble.
4. Le Comité central appelle les Eglises membres à faire pression de toutes les manières possibles sur Israël, par l’entremise des gouvernements de leurs pays, pour lui demander de suspendre toute mesure concernant Jérusalem : l’avenir de cette ville doit figurer à l’ordre du jour de négociations officielles, auxquelles participeraient Israël et les Palestiniens, sur l’autodétermination et sur la solution du conflit du Moyen-Orient.
5. Reconnaissant que Jérusalem est un lieu de profonde inspiration religieuse pour tous les chrétiens et qu’ils y sont tous très attachés, le Comité central prie instamment le COE de jouer un rôle actif en exprimant le sentiment général des chrétiens et d’aider les Eglises à assumer pleinement leur rôle de partenaires aux décisions concernant le caractère futur de Jérusalem.
6. En outre, le Comité central prie instamment le secrétaire général d’étudier, en consultation avec las Eglises membres de la région et le Vatican, les possibilités d’essayer de trouver la meilleure solution au problème de Jérusalem, et ce par tous les moyens efficaces et appropriés tels que l’organisation conjointe ou séparée de colloques internationaux ou toute autre approche ou mesure concernant Jérusalem. Le sécrétaire général devrait également étudier la possibilité de consulter les communautés musulmanes et juives intéressées par le caractère futur de Jérusalem, afin de chercher les moyens de promouvoir la justice et la coexistence dans la Cité de la Paix.
Texte publié par le Conseil Oeucuménique des Eglises le 6 septembre 1980.

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Inserito 01/01/1970