Message adressé par l’Église Évangélique aux chrétiens et aux juifs, à l’occasion du cinquantenaire de la Déclaration de Weissensee

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Église Evangélique d’Allemagne (9ème Synode)

Germania       09/11/2000

Lors de la 5ème session du 9ème Synode (5-10 novembre), l’Eglise Evangélique d’Allemagne a fait connaître ceci:


Il y a cinquante ans, le Synode de l’Eglise Evangélique d’Allemagne déclarait, lors de la 2ème session, à Berlin Weissensee :
« Nous croyons au Seigneur et Sauveur, issu du peuple d’Israël. Nous nous reconnaissons comme l’Eglise : réunion de chrétiens issus du judaïsme comme du paganisme, formant un seul corps, dont Jésus-Christ est la paix. Nous croyons que la promesse de Dieu concernant le peuple d’Israël élu par lui reste valable après la crucifixion de Jésus-Christ ».

Ainsi, pour la première fois, un synode évangélique a prononcé la mise en garde suivante : nous contredisons la croyance largement répandue, selon laquelle le peuple d’Israël aurait été rejeté par Dieu et remplacé comme Véritable Israël par l’Eglise, et nous nous déclarons convaincus de la validité permanente de la promesse de Dieu concernant le peuple élu. De plus figure dans cette déclaration ce qui suit :
« Par notre silence nous faisons partie de ceux qui se sont rendus coupables du sacrilège commis sur les juifs par des membres de notre peuple. »

Ainsi le synode a reconnu la culpabilité de l’Eglise concernant la persécution et l’assassinat du judaïsme européen. En même temps le synode a prononcé la mise en garde suivante : « Il faut considérer ce qui est arrivé au peuple allemand comme le jugement de Dieu et donc comme l’expiation de ce que nous avons fait souffrir aux juifs ».

Nous refusons toute tentative de tirer un trait sous l’histoire de l’Allemagne jusqu’en 1945.

Suite aux recherches du Conseil de l’Eglise Evangélique Allemande « Chrétiens et juifs » I (1975), II (1991) et III (2000) ainsi qu’aux déclarations synodales de plusieurs Eglises locales et de groupes d’Eglises, nous formulons comme suit la nouvelle expression de nos rapports avec Israël :

Ce n’est pas seulement en raison de notre négligence et de notre silence que l’Eglise s’est rendue coupable. Bien plus, en raison de la tradition tragique d’ignorance et d’hostilité envers les juifs, l’Eglise s’est impliquée dans l’anéantissement systématique du judaïsme européen. Cette tradition théologique a passé, depuis 1945, sur les tentatives d’une nouvelle détermination de nos relations avec le peuple juif, et l’a retardée.

Aujourd’hui, nous sommes en mesure de déclarer :

1. Nous croyons que Dieu, créateur et maître du monde, notre P re en Jésus-Christ, a choisi Israël comme son peuple. Il s’est pour toujours lié Israël et lui reste fid le dans la continuité de l’Israël biblique et du peuple juif. Juives et juifs sont pour nous témoins de la fidélité de Dieu.

2. Nous nous reconnaissons comme liés l’Ecriture Sainte d’Israël, la Bible de Jésus et de la communauté chrétienne primitive, notre Ancien Testament. Le témoignage de Jésus-Christ dans le Nouveau Testament est le centre et la source de notre foi chrétienne. Les deux Testaments constituent une unité dans laquelle l’un et l’autre s’interpr tent réciproquement. Ils sont la base et le lien qui justifient une définition nouvelle de notre relation au peuple juif. De l notre reconnaissance envers juifs et juives, laquelle nous permet une compréhension plus approfondie de la Bible.

3. Nous croyons en Jésus-Christ, fils de Dieu et membre de son peuple. C’est dans ce peuple que le Dieu d’Israël est devenu homme et a réconcilié le monde avec lui-m me.

4. Nous confessons que nous participons l’histoire des relations de Dieu avec son peuple. Notre élection en Christ est élection par le m me Dieu qui a élu son peuple.

5. Le Nouveau Testament témoigne d’une Eglise de chrétiens-juifs et de chrétiens issus du paganisme. Nous considérons dans nos fr res et s urs chrétiens d’origine juive des témoins de notre lien indissoluble avec l’Israël, qui demeure le peuple élu de Dieu.

6. Nous confessons en tenant compte de toutes nos différences, ce qui nous est commun, savoir : la foi en un Dieu unique, pour nous chrétiens dans l’Unité du P re, du Fils et de l’Esprit Saint ; les commandements de Dieu exprimés et réalisés, pour nous chrétiens, la suite de Jésus ; nous attendons le jugement dernier et nous espérons un ciel nouveau et une terre nouvelle, pour nous chrétiens dans l’attente du retour de Jésus-Christ.

7. Le dialogue sur la foi inclut le respect de l’identité des autres. Les efforts pour une relation fraternelle entre chrétiens et juifs, défi majeur pour l’Eglise et la théologie, constituent une tâche constante.

Braunschweig, le 9 novembre 2000.
Le président du Synode de l’Eglise Evangélique en Allemagne

[Traduit de l’allemand par H. Cellérier]

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Inserito 01/01/1970